Compte-rendu de la sortie ornithologique du samedi 21 mars
- Asso Plaine Abbaye

- il y a 7 heures
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Le samedi 21 mars à 7h, une fois encore un horaire bien matinal, cela devient un rituel !
Onze personnes se sont réunies autour de Bruno Grenier, membre du COGard (Centre Ornithologique du Gard), qui anime gracieusement des sorties ornithologiques depuis plus de dix ans pour Vivre la Plaine de l'Abbaye. Le succès grandissant de ces sorties montre qu'un public toujours plus large a envie de découvrir les oiseaux. Et comme le bouche-à-oreille fonctionne bien, nous pouvons sans aucun doute attribuer également cet intérêt à la qualité de la prestation.
En cette matinée parfaite, sans vent et avec du soleil, le jour de l’équinoxe de printemps, plus tôt que les années précédentes, nous avons pu voir les derniers oiseaux hivernants et bien sûr les sédentaires. Les visiteurs d’été n’arriveront que fin mars-début avril.
La traditionnelle leçon de musique : fauvette à tête noire ou rougegorge ?
L’exercice est de distinguer le chant de la fauvette de celui du rougegorge, deux oiseaux communs : les deux babils sont aussi mélodieux et fluides mais la première chante de façon rapide et dynamique (on dirait qu’elle chante en majeur ?). Le chant du rougegorge est en revanche plus lent et surtout mélancolique (en mineur ?).
Les fauvettes paraissent actuellement très nombreuses, car elles chantent beaucoup. Elles mangent des fruits (frugivore), comme les baies bleutées du lierre en hiver.

Les rougegorges se sont fait entendre dans la zone forestière près du contre-canal. Les hivernants d’Europe du nord et de l’est sont sans doute déjà repartis, il reste nos sédentaires présents seulement où il y a de l’ombre et de l’humidité.
D’autres chanteurs bien remarqués plus entendus que vus
· Les merles noirs se sont signalés par leur beau chant mélodieux et d’un ton proche du sifflet que nous pouvons émettre nous-même, plus grave que celui de la majorité des oiseaux.
· Quelques bouscarles de Cetti, fauvette des marais typique des bords de cours d’eau se sont fait entendre. On ne la voit jamais ou presque, seul son chant explosif la fait remarquer.

·
Deux fois, nous avons entendu le chant très fin du grimpereau des jardins, petit oiseau grimpeur qui monte les troncs et branches à la recherche d’insectes xylophages.
· La fauvette mélanocéphale, typiquement méditerranéenne à ne pas confondre avec la fauvette à tête noire. Très sédentaire, on la trouve dans les garrigues et les jardins. Nous avons entendu son cri très « râpeux ».

· Le pouillot véloce, un hivernant sur le départ qui attiré notre attention avec son chant simple :Tsilp, tsalp, Tsilp, tsalp, c’est pourquoi les allemands l’appelle ; der Zilpzalp.

. Les mésanges charbonnières et bleues
Voilà de bonnes sédentaires qui ne s’éloignent jamais de leur lieu de nidification de plus de 5 ou 6 km. Bien remarquées par leur chant et cris variés.
· Deux grives musiciennes, encore des hivernantes sur le départ

Les trois pics, eux très sédentaires :
· Nous avons bien vu et entendu le pic épeichette, le nain de la famille : « kikikikikikiki »

. Seulement entendu le cri du pic épeiche, mais remarqué un de ses nids.

. Egalement le pic vert, le moqueur européen !
Nous nous sommes attardés à un regard particulier sur la famille des fringilles, passereaux principalement granivores au bec conique :
· Le pinson des arbres, oiseaux surtout hivernant, bientôt il ne restera dans la plaine que quelques sédentaires très localisés.
· Le chardonneret, oiseau multicolore, au chant mélodieux.

. Le serin cini, tout petit et jaune, au chant aigu, répétition accélérée du cri, on appelle cela un trille. Il est très lié aux cyprès.

· Le verdier, tout vert !

Les trois derniers sont proches parents. Ils fréquentent les zones agricoles et les zones habitées. En automne et en hiver, ils sont en groupes très mobiles dans les champs. A présent avec le printemps, ils se cantonnent sur leurs lieux de nidification.
Sinon, qu’avons-nous vu encore ?
· Deux grands cormorans en vol, la grande majorité est retournée vers le nord de l’Europe (non partagé avec le groupe),
· Un beau faisan mâle, rescapé de la saison de chasse…,
· Plusieurs cisticoles des joncs, petite fauvette toute rayée caractéristique des friches et champs de céréales. Elle chante tout en volant : « tsip tsip tsip »,
· Une trentaine de pipits farlouses, oiseaux typiques des prairies du nord de l’Europe, donc un hivernant très grégaire, vu dans le grand champ,
· Quelques rougequeues noirs
· Deux goélands leucophées en vol. Il y en a toujours de passage le long du Rhône.
· Un faucon crécerelle. Il doit y avoir tout au plus, deux couples dans la Plaine.
· Les habituels corvidés, corneilles noires, pies bavardes, geais des chênes et choucas des tours,
· De mêmes des columbidés, tourterelles turques, pigeons domestiques et surtout de nombreux pigeons ramiers,
· Les incontournables étourneaux sansonnets,
· Et bien sûr, quelques moineaux domestiques
· Un bruant zizi (non signalé au groupe).
Au total, 34 espèces
Mais quelques regrets :
· Le moineau friquet, le petit frère du domestique, que nous devions voir aux jardins partagés, mais hélas absent, espèce en régression ;
· Le héron centré et l’aigrette garzette,
· Le canard colvert et la poule d’eau,
· La mésange à longue queue,
· La buse variable et le milan noir, ce dernier visiteur d’été normalement déjà présent,
· Le martin-pêcheur,
· Le troglodyte, désormais uniquement hivernant,
Ce n’est que partie remise, l’ornithologie étant aussi une affaire de chance !
Bruno Grenier



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